Lomé, à l’avant-garde d’une révolution alimentaire en Afrique?

Lomé, à l’avant-garde d’une révolution alimentaire en Afrique?

D’ici 2030, la population mondiale augmentera de 3 milliards d’individus, dont 95 % dans les pays en développement, la production de nourriture devra doubler. Cette tendance et son impact potentiel, tout comme le défi que pose la gestion de cet impact, seront particulièrement prononcés dans les régions en voie d’urbanisation rapide, comme l’Afrique subsaharienne. Selon Chaléard et Dubresson, en Afrique de l’Ouest et du Centre en particulier, les villes, petites et moyennes se multiplient; l’influence des marchés urbains sur les productions rurales s’accentue, les populations sont de plus en plus mobiles.

Divers facteurs poussent les productions agricoles urbaines à accroître leur part dans l’approvisionnement alimentaire des villes de cette région, entre autres le fait qu’en milieu urbain, on invoque la méfiance croissante des consommateurs citadins à l’égard de produits alimentaires d’origine lointaine et l’avantage que peuvent en tirer les productions urbaines, proches de leur marché.

D’après l’Undp en 1996, depuis une dizaine d’années, l’agriculture urbaine est reconnue comme un enjeu majeur en termes d’approvisionnement des villes, d’emploi et de gestion de l’environnement urbain. On remarque dans nos villes des espaces inexploités, laissés à l’abandon. De nos jours, les habitants de la terre font face à de nombreux problèmes sanitaires avec de nombreuses causes dont la consommation de la nourriture provenant des plantes cultivées avec des pesticides ou des conserves dont on ne connaît ni la provenance, ni les conditions de fabrication. Comme solution à ces différents problèmes, la Startup Urbanattic se propose de réucupérer ces terrains et de les mettre en valeur en y faisant pousser des cultures, plus précisément des légumes bio, en se basant sur le concept selon lequel, la ville serait son propre grenier, la main d’oeuvre étant déjà disponible.Cependant, l’agriculture biologique n’est pas facile à réaliser, elle nécessite des coûts supplémentaires par rapport à celle qui engage les pesticides et engrais chimiques. Donc les prix de vente reviennent chers et inacessible à tout le monde. Pour cela, le marché cible de la Startup est constitué principalement des expatriés, des Togolais de classes élevées et moyennes. Pour le moment, les restaurants et les cantines de certaines écoles et les supermarchés de la ville de Lomé constituent ses principaux prospects. Pour entrer en contact avec ces derniers, un sondage a été organisé et est en cours de réalisation.

 

 

ALI  Adillah, Agroéconomiste, Ecole Supérieure d’Agronomie / Université de Lomé