Du fastfood à l’alimentation responsable: le super challenge d’Edna Ahiaho.

Du fastfood à l’alimentation responsable: le super challenge d’Edna Ahiaho.

Edna Akou Ahiaho est Focus (Administratrice dans le langage WoeLab) de la startup Urbanattic qui prend le pari que la ville devienne son propre grenier et veut éduquer les africains au bien-manger. Ceci grâce à la multiplication de cuisines partagées et de potagers de proximité, bio et connectés. Cette jeune femme qui est passée du Fast Food à “la consommation responsable”, entend ainsi bouleverser profondément les réflexes et les pratiques alimentaires urbaines.

Pouvez -vous vous présenter en quelques lignes?

Je m’appelle Edna Akou Ahiaho, je suis née le 06 Mai 1992, J’ai étudié la finance des entreprises après un Baccalauréat en sciences naturelles et mathématiques obtenu en 2010. J’ai travaillé ensuite comme caissière-gérante pour une chaîne de fastfood bien connue à Lomé. C’est de là que Sename Koffi A. m’a débauchée en milieu de cette année. Je préside depuis à la destinée de la startup Urbanattic et suis aussi dans les équipes de coordination de quelques autres programmes au sein de la communauté WoeLab.

Qu’est ce que c’est que Urbanattic ?

Ce projet très ambitieux a été lancé en 2015, avec la préoccupation de ramener une culture alimentaire saine dans nos villes.

Il s’agit d’une plateforme-web qui gérera, intra-muros, à terme, un réseau de “Foodlabs” (grenier + cuisine collaborative) dont chacun essaiera dans sa proximité (le rayon d’1km autour) de dégager des terrains encore exploitables aux fins d’une production qui se veut biologique. Nous comptons développer cette agriculture à l’interface du bâti à grand renfort de technologie. Les récoltes sont mises en accessibilité sur la plateforme où nos utilisateurs peuvent passer leurs commandes et ensuite venir au Foodlab le plus proche de chez eux pour chercher ce panier préparé directement dans les potagers du quartier dont ils ont pu suivre en live les développements (depuis la mise en terre jusqu’à la récolte).

La plateforme donne aussi l’opportunité aux passionnés de cuisine loin de chez eux en journée et qui ne porte pas la restauration publique dans leur cœur, de s’abonner aux cuisines partagées, pensées pour être des cadres de rencontre et d’échanges entre personnes de secteurs divers et autour de l’art culinaire.

Avec Urbanattic, vous pouvez aussi si vous avez un terrain un peu en déshérence, le proposer à l’exploitation et si vous avez la main verte, rejoindre nos équipes de valorisation…

Comment comptez vous vous y prendre pour faire rentrer ces nouveaux concepts: bio, Foodlab, etc. dans les habitudes africaines?

Les mœurs africaines prônent le partage et la communion. Ces valeurs demeurent même si elles sont très bousculées en contexte urbain. Nous ne nous sommes éloignés du bio, lui même qu’emporté par cette course effrénée de l’industrialisation et les tentations un peu folles de production de masse.

Urbanattic veut prouver que l’état des technologies aujourd’hui nous permet de pourvoir de façon vertueuse aux besoins des populations en réintroduisant les valeurs et les qualités de la modestie.

Nous prenons le pari que c’est une approche à laquelle les africains seront sensibles parce qu’elle les réinstalle dans les fondements de la société organique sans leur faire renoncer à leur soif de “progrès”. C’est globalement la philosophie de notre incubateur WoeLab.

L’effort de dissémination passe aussi par des ateliers de vulgarisation Urbaneat pendant lesquels nous mettons à disposition des espaces éphémères d’échanges et de partage mais aussi par une stratégie proche des Incroyables Comestibles avec quelques open-potagers pilotes où tous peuvent venir se servir. Les enfants sont nos meilleurs ambassadeurs en cela.

Avez-vous effectué des études en agronomie ou agro-business pour pouvoir porter ce projet ?

Non, je suis uniquement gestionnaire de formation. Mais j’ai la chance de diriger une équipe pluridisciplinaire très compétente et complète où se trouve quelques ingénieurs agronomes auprès desquels j’apprends énormément. Ce que j’ai appris surtout c’est qu’aujourd’hui, ce qui est qualifiant pour entreprendre, c’est moins la formation que la passion.

Quels ont été d’après vous les moments forts dans la vie de ce projet ?

Urbanattic a été de la promo 2015 du programme d’accélération WOAX. Nous avons ensuite connu un moment intense de remise en question avec l’ArchiCamp 2016 pendant lequel nous avons pu challenger nos hypotheses en face de supers mentors comme Anna Lowe ou encore Senam Beheton. Mais le plus stimulant c’est ce sur quoi nous planchons dans l’instant.

Justement, quelle est l’actualité de la startup?

Nous allons bientôt rentrer dans une phase active de levée. Nous cherchons des VC ou BA qui pourraient croire en notre modèle économique.Nous avons quelques voyages bientôt qui, nous l’espérons, pourrons aider à trouver.

Nous avons en effet été retenu parmi la cinquantaine de startups africaines qui concourent pour le African Rethink Awards (Land of African Business) fin Octobre à Paris. Nous serons ensuite en Novembre, présent à Tech22, l’événement digital de la COP22 au Maroc.

En attendant nous, nous mettons les dernières touches à la plateforme, continuons de prospecter pour récupérer des terrains délaissés à mettre en valeur dans Lomé et continuons à renforcer la #TeamU avec une nouvelle offre pour un graphiste et un commercial stagiaires.

Qu’est ce qu’on peut souhaiter à Urbanattic pour cette fin d’année ?

Un parc de terrains à exploiter de plus en plus large (Nous profitons pour lancer un appel aux propriétaires qui penseraient pouvoir être tentés de nous confier leur terrain) et une superbe campagne internationale avec à la clé un nouveau partenaire qui nous apporte les moyens de notre vision.

 

Edna Akou Ahiaho, gestionnaire, Administratrice de la startup Urbanattic

( interview NATIV)